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Dossier juridique

Aspects généraux du droit

Comment le droit à la formation des élus locaux s’est construit, comment il est régulé et comment s’articulent aujourd’hui le DFEL et le DIFe.

Textes, décisions et ressources vérifiés au 18 août 2026

Chronologie

De la reconnaissance du droit à son architecture actuelle

Le système actuel résulte d’une succession de réformes. Les deux financements ont une histoire et une logique distinctes.

Création du droit et du CNFEL

La loi du 3 février 1992 reconnaît aux élus locaux un droit à une formation adaptée à leurs fonctions et crée le Conseil national de la formation des élus locaux.

Lire la loi du 3 février 1992 ↗

Consolidation des conditions d’exercice du mandat

La loi « Démocratie de proximité » réorganise et renforce plusieurs garanties matérielles attachées au mandat, dont celles nécessaires au départ en formation.

Lire la loi du 27 février 2002 ↗

Création d’un droit individuel

La loi du 31 mars 2015 institue un droit individuel à la formation à l’initiative de l’élu, utilisable pour l’exercice du mandat ou la réinsertion professionnelle.

Lire la loi du 31 mars 2015 ↗

Monétisation et nouvelle régulation

La loi du 27 décembre 2019 et l’ordonnance du 20 janvier 2021 modernisent le DIFe, renforcent la qualité et la transparence de l’offre et confient sa gestion opérationnelle à la Caisse des Dépôts.

Répertoire du mandat

L’arrêté du 13 avril 2023 fixe le répertoire des formations liées à l’exercice du mandat local, référence commune pour l’éligibilité des contenus.

Lire l’arrêté et son annexe ↗

Statut de l’élu local

La loi du 22 décembre 2025 renforce notamment les conditions matérielles permettant aux élus salariés de se former, dont la durée du congé de formation.

Lire la loi du 22 décembre 2025 ↗

Situation actuelle

Deux droits, deux circuits

Le droit financé par les collectivités et le droit individuel peuvent tous deux soutenir l’exercice du mandat, mais leur décision et leur financement ne se confondent pas.

Crédits votés par la collectivité

DFEL

La demande est instruite dans le cadre des orientations et du budget de formation adoptés par l’assemblée locale.

Approfondir le DFEL →
Compteur personnel de l’élu

DIFe

La demande est faite par l’élu depuis Mon Compte Élu et financée par un fonds national géré par la Caisse des Dépôts.

Approfondir le DIFe →

Effectivité du droit

La formation doit donner aux élu·es les connaissances et les compétences nécessaires pour comprendre les politiques publiques, éclairer les décisions de l’assemblée, exercer leur fonction de contrôle et, pour le DIFe, préparer aussi une réinsertion professionnelle. L’existence juridique du droit ne garantit toutefois pas, à elle seule, son utilisation effective.

DFEL · Des capacités territoriales inégales

Des moyens et des disponibilités très variables

Selon les balances communales de la DGFiP traitées avec la méthode publiée par l’ONFEL, entre 54,0 % et 59,7 % des communes n’enregistrent, selon l’exercice de 2020 à 2025, aucune dépense positive au compte de formation des élus. Les élu·es peu ou pas indemnisés peuvent également disposer de marges temporelles plus étroites pour concilier mandat, activité professionnelle et formation, malgré le congé prévu par les textes et la compensation plafonnée des pertes de revenus. Les élu·es d’opposition peuvent enfin rencontrer une information plus tardive, des délais d’instruction ou une appréciation restrictive de leurs demandes.

DIFe · Un droit personnel mais contraint

Un crédit limité et un parcours d’achat sécurisé

Le DIFe est alimenté à hauteur de 400 € par année de mandat et son compteur est plafonné à 800 €. Ce niveau permet surtout de financer des formats courts et peut nécessiter un cofinancement pour des parcours plus longs. L’inscription à une formation suppose en outre une identité vérifiée : FranceConnect+ mobilise l’Identité Numérique La Poste ou France Identité ; lorsque ces solutions ne sont pas accessibles, la procédure alternative peut demander plusieurs semaines. Ces garanties répondent à un objectif de sécurité, mais constituent aussi un obstacle technique ou administratif pour une partie des élu·es.

Régulation

Le rôle du CNFEL

Placée auprès du ministre chargé des collectivités territoriales, cette instance consultative réunit des élus locaux et des personnalités qualifiées.

01

Agrément

Le CNFEL rend un avis préalable sur les premières demandes d’agrément des organismes et sur leur renouvellement. L’agrément est ensuite délivré par le ministre.

02

Qualité de l’offre

Il contribue au suivi de la qualité, de la transparence et de l’équilibre économique de la formation des élus.

03

Répertoire

Il intervient dans la définition du répertoire des formations liées à l’exercice du mandat, auquel les contenus doivent correspondre.

04

Suivi du DIFe

Il formule des avis sur le fonctionnement et les équilibres du fonds du droit individuel à la formation des élus.

Lecture de la régulation

Une régulation par ajustements successifs

Le CNFEL ne régule pas la formation des élus à partir d’une définition entièrement stabilisée de ce que serait une « bonne » formation. L’agrément se construit en pratique, au fil des dossiers, par la combinaison de critères formels et d’interprétations évolutives. Le Conseil a ainsi alterné entre une protection stricte du marché, une confiance accrue dans le choix des élus et un retour à un contrôle plus exigeant. Cette souplesse permet d’arbitrer entre qualité de l’offre, pluralisme des organismes, soutenabilité financière et diversité des besoins, mais elle révèle une tension durable : accompagner la professionnalisation de mandats de plus en plus complexes sans faire de la compétence préalable une condition implicite d’accès aux fonctions électives. Les réformes engagées depuis 2021 renforcent la formalisation du dispositif sans faire disparaître cette tension.

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Jurisprudences administratives

Ce que le juge a précisé sur l’exercice du droit

Ces décisions encadrent les motifs de refus, le choix de la formation, l’utilisation des crédits et le remboursement des frais. Elles doivent être lues au regard des textes applicables à la date de chaque litige.

Les décisions ci-dessous concernent principalement le droit financé par la collectivité. Elles montrent que l’autorité locale conserve un pouvoir de contrôle, mais ne peut pas ajouter librement des restrictions au droit reconnu par le CGCT.

CAA Marseille · 18 juin 2002 · n° 99MA02405

La formation ne peut pas être réservée aux élus exerçant certaines fonctions

Une formation doit présenter un intérêt pour le fonctionnement de l’assemblée, mais la commune ne peut pas exiger que l’élu détienne une délégation particulière ou appartienne à une commission déterminée.

Consulter le texte intégral reproduit ↗
CAA Bordeaux · 9 novembre 2010 · n° 10BX00359

L’élu conserve le choix de l’organisme agréé

La présence d’une offre moins chère proposée par un autre organisme ne suffit pas à refuser la prise en charge lorsque la formation choisie est adaptée, d’un coût non excessif et compatible avec les plafonds budgétaires.

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CAA Douai · 17 janvier 2013 · n° 11DA02017

Le budget global ne peut pas être transformé en plafond individuel automatique

La collectivité ne peut pas diviser mécaniquement l’enveloppe de formation entre tous les élus pour opposer ensuite à chacun un crédit individuel maximal. La décision précise aussi les règles de remboursement des déplacements.

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CAA Marseille · 29 décembre 2014 · n° 13MA00626

Un refus doit reposer sur des motifs prévus par les textes

Le maire ne peut pas réserver la prise en charge aux seuls élus détenteurs d’une délégation. La Cour rappelle également qu’une formation suivie à l’initiative de l’élu n’exige pas, par elle-même, un ordre de mission préalable.

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Trois jugements de tribunaux administratifs fréquemment cités

TA Nancy · 31 août 2004n° 0201600 et 0300687

Le maire ne peut pas limiter le droit à la formation d’un élu d’opposition pour des motifs étrangers à l’adaptation de la formation ou à l’enveloppe budgétaire.

TA Toulouse · 2 octobre 2009n° 0604435 · Mme Argentin

Des crédits manifestement insuffisants ne doivent pas avoir pour effet d’entraver l’exercice effectif du droit à la formation.

TA Amiens · 10 janvier 2012n° 1002352

Le règlement intérieur ne peut pas imposer un délai de demande absent du CGCT ; un refus tardif suppose que la commune ait réellement été empêchée de traiter la demande.

Portée pratique. Une demande peut notamment être contrôlée au regard de l’agrément de l’organisme, de l’adaptation de la formation au mandat, de son coût et des plafonds légaux. En revanche, l’appartenance à l’opposition, l’absence de délégation, une répartition forfaitaire du budget par élu ou des conditions ajoutées par le règlement intérieur ne constituent pas, à elles seules, des motifs suffisants de refus.